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« Le thème central de mon travail est la faune sauvage, particulièrement celle du monde aquatique. Avec sa riche histoire de pêcheries et de pêche sportive, Terre-Neuve-et-Labrador, ma province d’adoption, m’offre des sources d’inspiration inépuisables ».
Avec minutie, habileté et créativité, l’artisan Néo-Terre-Neuvien Denis Abrard transforme des bois précieux et courants en petites merveilles, peu importe la technique qu’il utilise. En 2007, il a remporté, avec sa réalisation d'un lit breton pour enfant, le Prix du public et un Prix d’innovation lors de l’exposition des finissants de l’École nationale du meuble et de l’ébénisterie de Victoriaville, au Québec. Nouvellement installé à Pouch Cove, dans la péninsule terre-neuvienne d’Avalon, il a également raflé, quelques mois plus tard, le concours d’art du Festival du vent, dans la catégorie adulte. En 2008, il a remporté le même honneur pour une pièce de marqueterie.
Denis Abrard a grandi sur une ferme des Alpes françaises et il a démarré sa vie professionnelle en agriculture et en horticulture en Provence et en Bretagne. Il a ensuite opté pour l’éducation spécialisée et le travail social. Il a œuvré dans ces domaines pendant 12 ans en France, en Suisse et au Québec. C’est dans cette province qu’il a commencé à travailler le bois, d’abord comme loisir. En 2005, il décide d’en faire le créneau d’une nouvelle carrière et il amorce une formation de deux ans à l’École nationale du meuble et de l’ébénisterie de Victoriaville. En plus de peaufiner ses connaissances en sculpture, il y découvre l’art de la marqueterie et développe un intérêt particulier pour le mobilier ancien du patrimoine rural.
Au lendemain de l’obtention de son diplôme, Denis Abrard choisit de s’établir à Terre-Neuve avec sa conjointe. Il passe alors pour de bon du travail social à l’ébénisterie. «Ces deux activités ont en commun d’exiger patience, passion et engagement. Le stress de l’ébénisterie est cependant moindre. Alors qu’on s’interroge constamment sur les résultats de nos interventions en travail social et leur progression, en ébénisterie, on les connaît dès qu’une pièce est terminée», remarque-t-il.
Au Québec, Denis Abrard privilégiait la reproduction de meubles en bois massif du patrimoine rural québécois. Sur le Rocher, il a réorienté sa pratique vers la sculpture et la marqueterie, en adoptant comme thème principal le monde aquatique et les transformations des pêcheries dans l’histoire de la province. Pour ciseler dans le bois ses scènes de pêche traditionnelle de la morue, ses cages à homards et ses saumons majestueux, Denis Abrard utilise des essences de bois du monde entier, tels le bubinga et l’ébène d’Afrique, la souche de pimenta, un arbre des Caraïbes et d’Amérique centrale, ainsi que le jatoba et l’imbuya, d’Amérique du Sud. Cerisier, érable piqué, bouleau de Carélie et ivoire végétal se retrouvent également dans ses œuvres.
Denis Abrard souhaite pouvoir, dans un avenir rapproché, se consacrer à temps plein à son métier d’artisan. D’ici là, il travaille à temps partiel dans une société d’ébénisterie architecturale contemporaine de Torbay. Ce boulot a l’immense avantage de lui offrir un bain d’immersion en anglais. « Mon défi ici est d’apprendre à vivre dans cette langue », dit-il en riant. Ses collègues l’aident à le relever, en plus de l’initier avec humour au «Newfoundlish».
Mars 2010
Texte : Jacinthe Tremblay - Photo : François Pesant
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Et sur commande...
Honey HoleDenis Abrard. Honey Hole, un repère secret, au Labrador, de pêcheurs à la mouche terre-neuviens. Cadre extérieur du tableau : cerisier.
Cadre intérieur : bubinga.
Saumon de l'AtlantiqueDenis Abrard : Saumon de l’Atlantique, sculpture intégrant érable piqué d’Amérique du Nord, bouleau de Norvège, jatoba, ébène et ivoire végétal.
Bureau de travailDenis Abrard. Bureau de travail. Meuble en frêne massif avec sections de chêne soyeux et de wenge et filets d’acajou, de wenge et d’ébène. Au-dessus, marqueterie d’érable piqué, de peuplier, de padouk et d’amarante.
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Dernière mise à jour : 17 mai 2012