À GRANDS MAUX LES PETITES AIGUILLES

MAURICE NZOYAMARA

ACUPUNCTEUR

Dans une autre vie, Maurice Nzoyamara a pratiqué pendant cinq ans le métier d'infirmier au Québec avant de s'intéresser à la médecine orientale, puis d'étudier et d'enseigner l'acupuncture à Edmonton. Il y a trois ans, en quête d'une vie plus douce, ce Burundais d'origine a adopté Terre-Neuve-et-Labrador et pratique à Deer Lake et Springdale.

Maurice et sa famille souhaitaient fuir la « vie surchargée » de la capitale albertaine. « Pour le bien-être de nos deux garçons, ma femme et moi avions envie de vivre dans une communauté où on peut prendre du temps pour nous-mêmes », raconte le père de famille, qui aime pêcher dans ses temps libres et jouer en plein air avec ses enfants. Un collègue terre-neuvien l'a convaincu qu'il trouverait chaussure à son pied sur le Rocher.

En mission d'exploration, l'acupuncteur a d'abord voyagé seul sur l'île et a entrepris d'offrir ses

services dans une clinique de physiothérapie de Springdale en 2015.

Sa famille le rejoindra l'année suivante et élira domicile à Deer Lake. Si sa clinique est maintenant établie dans une salle toute équipée annexée à la résidence familiale, Maurice continue d'offrir ses services à la communauté de Springdale, qu'il visite deux fois par semaine, les mardis et jeudis.

C'est grâce au bouche-à-oreille que l'acupuncteur a pu démarrer sa pratique dans une petite localité comme Deer Lake. « Certaines personnes croient à tort que c'est du grigri ou du vaudou. » Pourtant, poursuit le professionnel, cette médecine naturelle est reconnue dans cinq provinces canadiennes, dont Terre-Neuve-et- Labrador, où il faut s'enregistrer auprès du Newfoundland and Labrador Council for Health Professionnals et du College of Traditional Chinese Medicine Practitioners and Acupuncturists of Newfoundland and Labrador. « Les traitements sont ainsi couverts par les assurances », ajoute-t-il.

« L'acupuncture résout les problèmes de santé des patients sans intervention chimique ou médicale », précise celui qui considère sa formation d'infirmier comme un atout. Ses connaissances du corps humain et de la médecine pratiquée dans les hôpitaux nord-américains lui permettent de mieux vulgariser le fonctionnement de cette «médecine vieille de plus de 5000 ans».

Qu'est-ce qui l'a mené à troquer le stéthoscope pour les aiguilles ? « En acupuncture, on ne fait pas que masquer le problème, on va à la source. » Autrement dit, l'acupuncture ne traite pas les symptômes, mais leur cause. « Les symptômes ne sont que le message d'un déséquilibre interne. Par exemple, le stress peut affecter le fonctionnement du foie, du cœur ou de l'estomac », explique-t-il.

Avant de proposer un traitement, Maurice Nzoyamara prend le temps de discuter avec ses patients. Quels symptômes ressentent-ils? Il effectue aussi une évaluation de l'état de santé globale : le pouls, l'état des yeux et l'aspect de la langue font partie des indicateurs dont se sert le professionnel pour établir le plan thérapeutique qui dure généralement de une à six rencontres. Armé de ces informations, il cible les organes internes affectés et les méridiens qui y sont associés et stimule les systèmes nerveux et endocriniens afin de régler les maux de façon naturelle. Ainsi, fatigue chronique, maux de tête, acouphène, stress, ménopause, sinusite, douleurs au bas du dos, arthrose et dépendance sont quelques-uns des problèmes que le simple usage d'aiguilles peut soigner.

Voilà plus de 10 ans que l'acupuncteur francophone travaille et réside dans un environnement anglophone. « J'aimerais avoir plus de patients qui parlent français, car parfois j'oublie ma langue ! », conclut-il en guise d'invitation dans un français impeccable.

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