COMPRENDRE POUR MIEUX AIDER,
SANS JUGER

 

NANCY DILLON

TRAVAILLEUSE SOCIALE

D'aussi loin qu'elle se souvienne, Nancy Dillon a toujours cherché à com-prendre pourquoi les gens réagissent différemment dans les mêmes circons-tances. Comprendre pour mieux aider, sans juger, est le crédo de cette travailleuse sociale bilingue de Gander.

Après avoir travaillé auprès de adultes en probation, d'adolescents à risque, puis dans le service gouvernemen-tal de protection de l'enfance et d'adoption, Nancy Dil-lon fait maintenant partie de l'équipe de Central Health responsable du soutien communautaire et du maintien à domicile des personnes de 18 ans et plus présentant des handicaps physiques ou des déficiences intellectuelles.

« Mon rôle consiste à observer ces personnes, à évaluer leurs besoins, à identifier les ressources existantes et à mettre en place pour leur permettre de vivre dans la plus grande autonomie possible. Ces ressources sont celles dont disposent ces personnes elles-mêmes, mais aussi leur famille et la communauté », résume-t-elle.   

Dans ce rôle, Nancy Dillon est donc appelée à travailler avec tous les groupes d'âge, par exemple les enfants et les

familles des gens auxquelles elle apporte un soutien direct, mais également avec le personnel des organismes com-munautaires ou d'autres services gouvernementaux de la région de Gander et de communautés aux alentours. Son équipe est également chargée de surveiller le respect des normes dans les résidences privées pour personnes âgées autonomes et semi-autonomes de ce territoire.    

COMPRENDRE ET AIDER

La soif de comprendre et d'aider les autres de Nan-cy Dillon s'est manifestée dès l'adolescence. « Quand des jeunes de mon entourage avaient des comporte-ments délinquants ou prenaient de mauvaises déci-sions, je me demandais toujours pourquoi ils agis-saient comme ça. Je faisais aussi fait du bénévolat auprès des personnes âgées et des enfants pendant mes études secondaires », se rappelle-t-elle.

Sa soif de comprendre les causes des différences de comportements est intimement liée, à ses yeux, à son enthousiasme pour apprendre et utiliser le français. « C'est excitant de connaître une autre langue et une autre culture. Ça permet de communiquer et de mieux comprendre les autres », explique-t-elle.      

Sa connaissance du français est un précieux legs de son père enseignant, un anglophone de Gander qui

a poussé l'amour de cette langue jusqu'à étudier en linguistique à l'Université Laval, au Québec, puis à concevoir les programmes d'immersion et de français cadre de l'ancien Central English School District de Terre-Neuve. « Nous parlions en français à la maison, avant même d'entrer à l'école, puis j'ai fait l'immer-sion de la maternelle à la 12e année. Depuis, je saute sur toutes les occasions de parler français », dit-elle.

SERVIR EN FRANÇAIS

« La possibilité d'être servi en français en santé est par-fois une question de vie ou de mort! », souligne Nancy Dillon. Elle fait cette affirmation en connaissance de cause… Lorsque des avions ont été cloués sur la piste de l'aéroport de Gander, le 11 septembre 2001, elle a été ap-pelée en renfort pour traduire en anglais la prescription de médicaments de passagers unilingues francophones. « Ils étaient paniqués, avec raison. Un mauvais dosage aurait pu leur être fatal », donne-t-elle en exemple.

Même si Nancy Dillon fait partie des centaines de gens qui ont accueilli à bras ouverts les « Come From Away » atterris par centaines à Gander ce jour-là, elle ne s'en est jamais vantée. Pour cette travailleuse sociale, aider les autres n'a rien d'héroïque : c'est un mode de vie au quotidien.

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